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48.1 Dans l'espace et dans le temps.
Datte: 03/09/2017, Catégories: Entre-nous, Les hommes,
... bruit du jet, tendre l'oreille pendant toute la durée, et entendre a nouveau le bruit de la ceinture qu'il rattache... putain, l'effet que ca me fait... le bruit de la chasse, la porte qui se rouvre... je peux enfin faire pipi à mon tour... et dans la foulée me taper une branlette pour me calmer... lorsque je ressors de ma cabine, le bogoss a évidemment disparu... lorsque je reviens auprès de ma cousine, je constate qu'il n'est pas revenu à la place ou il était assis... qu'il a définitivement disparu, a jamais inconnu, filant a travers sa vie, loin…. « Alors, c'était comment ? » fait Elodie sans lever le nez de son bouquin. Putain, ça doit etre prenant ce qu'elle lit. « De quoi ? » je tente de divaguer, alors que je me remets à peine de mon plaisir solitaire. « Tu l'as coincé dans les chiottes ? » elle revient à la charge, impitoyable. Elle m'énerve, elle a beau être plongée dans sa lecture, elle voit tout. « Même pas... » je fais, dépité. « Tu me déçois, cousin... » elle plaisante. « Je n'oserais jamais... et si même... j'aurais du mal à me laisser aller... ». « C'est vrai que t'es marié, mon cousin... » « C'est ça »... oui, je suis marié... pas à la Mairie, mais dans le cœur je le suis. Surtout après ce week-end... Les deux mecs, le brun avec sa copine et le petit « militaire » sont toujours là... grâce à la branlette recente , j'arrive à me calmer un peu... je ferme les yeux et j'arrive presque à m'assoupir malgré le brouhaha du hall d'attente. C'est ma cousine qui me ...
... secoue de ma torpeur, m'annonçant que les portes d'embarquement viennent d'ouvrir. Nous nous engouffrons dans le petit couloir qui donne accès à l'avion. Nous venons juste de prendre place que déjà Elodie trouve le moyen de discuter avec les deux mecs assis devant nous... ils vont aussi au concert... je les regarde un peu mieux et je finis par me demander s'ils ne seraient pas du bâtiment, eux aussi... un couple, peut-être ? Ca m'intrigue un brin, mais pas longtemps... dans ma tête je suis heureux... nous nous envolons pour Londres, nous partons loin de Toulouse, de mes petits tracas sentimentaux... je me sens bien, j’ai la banane et je souris bêtement… Encore quelques minutes d'attente, le temps que tout le monde prenne place, que le personnel de bord nous indique comment mettre des masques à oxygène en cas que l'avion pique du nez... c'est toujours la partir la plus rassurante... L'avion démarre, se met face à la piste. Il s'élance, vite, vite, il accélère. Et on sent cette propulsion dans le ventre, tellement puissante, ça fait toujours son impression. Et puis il y a cet instant où on ne touche plus le sol. Une fille de l'autre coté du couloir plante ses griffes dans le fauteuil comme un chat face au danger imminent. C’est rassurant aussi. Ca y est, on est en l'air! La piste disparaît, et Toulouse se fait de plus en plus petite, jusqu'à s'éclipser elle aussi... on survole la France, et tout parait si petit vu d'en haut. On se sent aussi tout petits là haut. Et vulnérables... ...