1. Portrait volé


    Datte: 21/07/2021, Catégories: fh, hplusag, jeunes, forêt, campagne, amour, soubrette, jalousie, dispute, pénétratio, jeu, mélo, portrait, historique,

    ... Je n’ai pas faim.— Vous dites toujours cela et vous finissez au bord du malaise. Élise ne répondit pas. Un pli de contrariété se dessina sur son front. Elle se détourna rapidement avant de sortir de la chambre. Solange soupira. Peut-être avait-elle eu tort de penser que la comtesse irait demander raison à François de Saillant. Elle était pourtant sûre… Elle regarda sur la coiffeuse : la miniature n’y était pas. Elle n’était pas non plus sur la table de chevet ou encore sur la console… La camériste sourit. Élise avait emporté le portrait avec elle. --oOo-- Une heure s’était écoulée après cette conversation. Élise rattachait plusieurs branches de rosiers grimpants tout en repensant à son entretien d’avec Solange. Le portrait battait dans la poche de son tablier et elle ne cessait de voir mentalement François contempler son image avec les yeux de désir, ceux-là mêmes qu’elle avait surpris plusieurs fois lorsqu’ils étaient ensemble. Un frisson de volupté l’étreignit. Et elle se maudissait intérieurement de l’avoir éprouvé lorsqu’elle se piqua fortement. Un peu de sang coula et elle ne put s’empêcher de s’écrier : — Au diable ces branches ! Le jardinier qui travaillait à ses côtés sursauta et tourna vers la comtesse un regard étonné et chagrin. Élise adorait ses roses et elle prenait un soin jaloux de les entretenir avec le plus grand dévouement chaque fois qu’il était nécessaire. C’est ainsi qu’elle avait constitué en rassemblant différents grands massifs et grimpants éparpillés ...
    ... dans le parc, et avec le secours d’Albert le vieux jardinier, une roseraie magnifique à Beauregard. Aussi de la voir brusquement énervée pour une broutille contrariait le vieil homme. Que se passait-il donc ? Élise, sous le regard broussailleux et inquisiteur d’Albert, se troubla : — Pardonnez-moi… Je suis un peu fatiguée, je crois. Je vais faire une pause.— Vous devriez prendre une tasse d’infusion, de la marmelade et quelques biscuits. Je suis sûr que vous n’avez rien mangé encore ce matin. Et c’est la faim qui vous fait dire des méchancetés aux fleurs. Élise sourit. — Vous avez sans doute raison. Voulez-vous que je vous rapporte quelque chose ?— Prenez pas cette peine, Madame ! J’ai ma chopine et mon casse-croûte dans le panier à graines. Faites-moi plutôt le plaisir de revenir seulement dans l’après-midi. Et allez donc vous détendre dans la cuisine de Berthe. De toute façon, je vais arrêter d’ici une petite demi-heure, il commence à faire trop chaud sous la tonnelle. Élise acquiesça et se dirigea lentement vers l’allée qui menait aux cuisines du château. Un peu de thé et quelques biscuits seraient les bienvenus. Berthe, qui était en train d’éplucher les légumes pour le repas de midi, accueillit la jeune femme avec un grand sourire. Sans même qu’Élise le lui demande, elle se leva et alla lui chercher une tasse, fit chauffer l’eau dans une casserole sur un coin de fourneau et revint avec une boîte de gâteaux secs. — Je suis sûre que quelques tuiles aux amandes vous feront ...
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