-
Les bagues de Chloé
Datte: 26/02/2018, Catégories: fh, inconnu, collection, amour, volupté, revede, init,
... qualités (toujours selon elle). Mais non. Chloé, est vraiment insupportable. Elle veut la qualité, la quantité et surtout pas de défauts. Voilà pourquoi, ils ne restent que des « passagers de nuit », comme elle les appelle. Voilà pourquoi, à trente-cinq ans, elle est toujours célibataire. Et que, plus le temps passe, plus les doigts de Chloé s’ornent de bagues. Ses amies, au début de cette curieuse manie, n’y avaient pas pris réellement garde, ni réellement fait attention. Et plus les doigts de Chloé étincelaient de leur or, moins il était impossible de ne pas les remarquer, d’éviter de les fixer. Surtout que Chloé, naturellement, faisait toujours de grands gestes avec ses mains quand elle parlait. Et qu’est-ce qu’elle parlait, Chloé ! Normal, elle est avocate. Alors le cercle de ses copines, bêtement et sans beaucoup d’imagination, s’est mis à l’imiter. Et toutes, de charger leurs doigts de bagues fines qui en or, qui en argent. Et plus Chloé en rajoutait, plus les doigts de ses relations se chargeaient aussi. Certaines pensaient que c’était là le dernier cri de la mode à Paris, d’autres trouvaient cette pratique particulièrement drôle et esthétique. Mais aucune n’imaginait les larmes et les souffrances que chaque bague de Chloé pouvait représenter pour elle. Mais ça, c’était le secret de Chloé, qui était bien décidée à n’en parler à personne. La première bague de Chloé. Chloé était attablée en face d’un client important, à la terrasse d’un café chic, de l’avenue de ...
... l’Opéra. À son habitude, elle avait choisi une table qui lui permettait de surveiller les allées et venues des consommateurs qui entraient et sortaient du café, tout en conservant un œil sur le trottoir et sa foule de mâles. Une place et une position qu’elle estimait essentielle et stratégique. Et d’une oreille attentive, mais les yeux sans cesse en mouvement, elle l’écoutait lui récitait la litanie de ses derniers déboires judiciaires et de ses avatars conjugaux. Elle savait que d’ici à quelques instants, l’homme allait lui demander inexorablement « alors, maître, que comptez-vous faire ? » et il faudrait qu’elle endosse, une fois encore sa tenue d’avocate pour le rassurer et venir le sortir du guêpier dans lequel il s’était fourvoyé tout seul. Et pour l’instant, elle n’avait pas trouvé mieux que de continuer à lui prêtait une oreille attentive, lasse d’entendre toujours les mêmes histoires, les mêmes excuses. Il faut dire que Chloé était reconnue sur la place de Paris, comme La spécialiste des divorces, défendant généralement les hommes mariés qui avaient mis plusieurs coups de canif dans leurs contrats de mariage. Et malgré leurs torts, elle remportait généralement des victoires éclatantes qui remplissaient un peu plus, tous les jours, la salle d’attente de son cabinet. C’est que les hommes, elle les connaissait. Elle savait tout sur leurs faiblesses. Un bout de cuisse entraperçu par une après-midi ensoleillée, un sourire sur une bouche pulpeuse, un regard myosotis qui les fixait ...