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Jérém & Nico SAISON 1 Episode final
Datte: 15/03/2018, Catégories: Entre-nous, Les hommes,
... endormie, j’écoute le silence de la nuit ; Jérém me manque à en crever. Je repense à ce maudit vendredi, la dernière fois qu’il est venu chez moi. Je le revois, planté sur le pas de porte, si distant, le regard fuyant, me demandant de lui rendre sa chaînette, pressé de repartir. J’avais dû insister pour qu’il rentre, et j’avais dû ramer pour qu’il me laisse lui faire plaisir : et même s’il avait fini par se laisser faire, ce jour-là, le sexe avait été incroyablement triste. Jérém semblait ailleurs, perturbé par une sorte de mélancolie, par un malaise palpable que même son attitude de macho, qui sonnait d’ailleurs un brin forcée, n’avait pas réussi à masquer. Et puis il y avait eu l’accident de la capote tombée de son jeans, ses mots blessants, sa goujaterie, qui sonnait fausse elle aussi ; je repense à son regard, toujours ailleurs, à sa jambe, animée par une sorte de tremblement nerveux. « Ça ne peut pas finir comme ça entre nous ! » j’avais essayé de le retenir. Je le revois, là, devant moi, muré dans son silence, le regard posé sur la poignée de la porte ; je revois ses traits figés, ses paupières qui clignent nerveusement, ses lèvres serrées, parcourues par un frémissement incontrôlable ; sa pomme d’Adam qui bondit sous l’effet d’une déglutition fiévreuse ; ses yeux qui se ferment lourdement, se rouvrent ; ce petit mouvement de sa tête sur le côté, comme s’il voulait chercher mon regard, avant que ses yeux ne se perdent à nouveau dans le vide. J’ai eu l’impression ...
... de me retrouver devant un garçon qui n’était pas mon Jérém ; un garçon qui se faisait violence pour être aussi méchant, pour me blesser et m’éloigner de lui : « Il n’y a toujours eu que ton cul qui m’intéressait ! » ; « Le mec de la piscine, c’est pas moi qui t’a dit de baiser avec… » ; « T’es pas le seul mec que j’ai fait couiner… ». Ma colère aveugle ; mon coup ; son coup. « T’es vraiment qu’une petite merde ! »… « tu vas dégager de ma vie ! ». Maman qui débarque. Et je repense à son dernier regard avant de partir, ce regard qui me brise le cœur davantage encore que ses mots cruels ; ce regard perdu, rempli de désolation, de chagrin, et de regret. Ce que je vois à cet instant, ce n’est plus le connard qui vient de me balancer plein d’horreurs, mais un garçon très malheureux. Ce même regard que j’ai retrouvé ce soir, alors que je repartais avec Martin ; ce regard que j’ai retrouvé au-delà de sa colère, de sa vulgarité, de son mépris, de son état d’ivresse. Oui, Thibault a raison : au fond, Jérém, n’est qu’un animal blessé qui se débat, qui réagit à sa souffrance par la violence ; oui, que ce soit en me quittant il y a quinze jours, ou en me retrouvant en compagnie d’un autre cette nuit, son comportement n’est au fait que le révélateur de sa détresse. Quand je vois Jérém dans cet état, je comprends l’inquiétude de Thibault et je ressens la même inquiétude, une inquiétude qui me prend au ventre. J’ai peur qu’il se mettre en danger, j’ai peur qu’il lui arrive quelque chose. ...