1. L'alchimiste...


    Datte: 10/09/2019, Catégories: inconnu, bain, campagne, volupté, cérébral, revede, Voyeur / Exhib / Nudisme nopéné, init, fantastiqu,

    Martin, d’un œil distrait contemple son écran de télévision, le zappeur dans la main droite, la gauche soutenant sa tête. À près de minuit, pas grand-chose pour le distraire de son insomnie. Il a beau zapper, sauter d’une chaîne à l’autre, revenir en arrière, changer de fournisseur, rien. Il n’y a aucun programme qui retienne son attention. Il en est même à se demander pourquoi il dépense une telle fortune en abonnements pour en arriver là. Soudain, entre deux zappings, son œil est attiré par une publicité, son esprit s’éveille… Sur l’écran, une jolie femme blonde est assise dans un fauteuil blanc, elle lit une revue. À ses côtés, un chat, pelotonné, semble sommeiller. Quiétude d’une après-midi de détente. La scène se situe dans un immeuble moderne, dans une grande ville. Une large verrière permet d’en contempler le paysage urbain. La maîtresse du chat tourne les pages d’une revue, avec distraction, presque ennui. Soudain, sa main, puis son avant-bras, puis son bras, son épaule et enfin toute sa personne s’évanouissent dans les airs, formant une poussières de micro-cubes, qui rapetissent jusqu’à devenir poussière de pixels, parcelles de cette jeune femme blonde. Sous l’œil inquiet et ahuri du chat qui cherche à jouer avec, à les capter, le nuage de particules colorées s’échappe de la pièce, transporté dans les airs, tel des effluves évanescents, il se dissipe au-dessus de la ville. La scène suivante montre un jeune homme, assis dans un hall d’aéroport, un portable à la  main, contemplant son écran. Un sourire illumine son doux visage d’encore adolescent. Un nuage de particules colorées vient se concentrer autour de son portable et reconstitue… une jeune femme blonde assise dans un fauteuil blanc, qui lit une revue, avec distraction… Puis vient, en signature, le nom d’un opérateur de téléphonie mobile que Martin ne retient même pas, tant il reste songeur face à l’image de la myriade de pixels, volant à travers les airs, décomposant une personne et la transportant vers un autre lieu. Et, sans qu’il y prenne garde, ses yeux se ferment et enfin, il s’endort, le zappeur entre les doigts. Et Martin rêve… Il marche sur le bord d’une rivière. Ses pieds nus foulent une herbe verte, tendre, fraîche. Les fleurs des champs, des buissons, des arbres jettent mille reflets dans l’eau claire qui coule à ses côtés. Martin s’immobilise, contemple l’eau, se penche et doucement, trempe sa main dans cette onde mouvante. À son esprit revient la phrase d’un sculpteur italien, Giuseppe Penone :« Retrouve dans l’eau l’empreinte de la main lavée… ». Et ses doigts, plongent dans le courant tranquille de la rivière, jouent avec l’eau qui s’immisce entre eux. Il en éprouve la force qui s’applique sur chaque parcelle de sa peau. De temps en temps, il cherche à lutter contre le courant, à d’autres moments, il le laisse ouvrir ses doigts, las de lutter contre l’onde et sa force magique. Puis il ferme la main, doucement, comme pour attraper les millions de gouttes d’eau qui ...
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