1. Chroniques immortelles (32)


    Datte: 19/10/2019, Catégories: Lesbienne

    Au petit matin, il fait très beau. Un grand ciel bleu, un beau soleil, une température qui frise le zéro degré, pas de vent, un temps idéal pour faire la fête. Tengri a béni cette journée ! Stefan a accepté de me donner congé pour la journée à condition que je prenne un maximum de notes et de photos, car comme il dit « nous ne connaissons pas assez les Tamalzaïs pour laisser passer l’occasion ». C’était le minimum de demander son accord, car après tout je suis en contrat avec le National Muséum et j’ai des comptes à leur rendre. Altynaï s’est invitée. L’avantage, elle n’a à demander la permission à personne, sauf aux Tamalzaïs. Consultée, Ayala ne fait aucune difficulté, elle est la bienvenue. Elle nous accueille chaleureusement et nous explique comment va se passer la journée. Cette fête se déroule en moyenne tous les trois mois et n’a lieu que si au moins une jeune fille de l’ethnie a eu ses règles pour la première fois. Sinon… on attend les trois mois suivants. Cette fois c’est exceptionnel, elles sont quatre. Et beaucoup de familles sont venues de loin pour l’occasion. Ces jeunes filles vont subir un rituel a l’issue duquel elles rejoindront les rangs des femmes adultes. J’objecte alors que la jeune fille que j’ai sauvé hier ne doit avoir que treize ou quatorze ans et qu’elles ne sont pas majeures. — Qu’est-ce que çà veut dire majeure ? Me demande Ayala perplexe. L’age ne compte pas. Elles ont saigné pour la première fois, c’est tout ce qui compte. Pour les Tamalzaïs, ...
    ... elles sont devenues adultes, c’est aussi simple que çà. Et ce soir, elles seules décideront si elles veulent devenir femmes ou pas. J’ai rien compris… Alors je mitraille tant que je peux avec le reflex que m’a confié Stefan. Il y a beaucoup de femmes mais aussi des hommes, des enfants, garçons et filles. Ou rit, on s’interpelle, on commence (déjà?) à boire, on allume des feux destinés à rôtir des moutons qui attendent tristement attachés le moment ou on va les mettre à mort… Je cherche des yeux Dilnaz, la jeune fille que j’ai sauvée hier. Il y a plus de yourtes que lors de mon arrivée. L’une d’elle est particulièrement décorée, et entourée d’une foule plus dense qu’ailleurs. — Qu’y a t-il dans cette yourte ? Il s’y passe quelque chose de particulier ? — C’est là que nous avons dressé l’autel des ancêtres, répond Ayala. Les jeunes filles s’y recueillent en ce moment. — Pouvons nous y pénétrer ? — Oui. Suivez-moi. Mais on y fait silence pour ne pas troubler la prière de nos filles. La yourte est éclairée par des dizaines de bougies. Nous nous rangeons discrètement sur un coté. Les quatre jeunes filles sont agenouillées devant un petit autel. Elles ont mis des habits de fête, richement décorés. Dilnaz me remarque, me fait un petit signe de main avec un grand sourire. Qu’elles sont belles... Et qu’elles sont jeunes ! Comment imaginer que ces enfants vont être considérées comme adultes ce soir… L’autel est de petite taille. Un décor doré figurant Tengri m’explique Ayala, des bougies, ...
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