1. Portrait volé


    Datte: 21/07/2021, Catégories: fh, hplusag, jeunes, forêt, campagne, amour, soubrette, jalousie, dispute, pénétratio, jeu, mélo, portrait, historique,

    ... la maîtresse du comte se met aux ragots…— Madame…— Il suffit, Berthe ! J’en ai assez de cette conversation. Je suis fatiguée.— Buvez donc votre tisane et mangez… Vous irez mieux après. Élise baissa la tête et ferma les yeux pendant que Berthe versait l’infusion brûlante et déposait deux tuiles aux amandes sur une soucoupe. Elle se sentait usée. Cette conversation, plus encore que celle avec Solange, avait mis à vif ses nerfs déjà passablement éprouvés par la fatigue et le stress du deuil. Une lutte se faisait jour en elle entre ses désirs profonds et la fidélité de raison qu’elle s’imposait comme conduite absolue. Et elle n’était pas sûre de gagner. Le fait que la cuisinière lui ait révélé que tout le monde connaissait l’amour du comte pour elle lui faisait entrevoir à quel point elle était fragile dans sa résolution de le maintenir à distance. Mais elle devait le faire, elle en était certaine. Elle ne voulait plus souffrir, jamais plus ! Elle serra les poings et crispa les paupières. Finalement, elle se demandait si une dernière dispute ne pousserait pas le comte à partir plus tôt de Beauregard… Et en ce cas, pourquoi ne pas aller lui demander raison du portrait ? Elle avala une gorgée d’infusion, trempa les biscuits dans sa tasse avant de les croquer, rêva un moment à la façon d’aborder le comte puis, repoussant l’assiette de gâteaux que la cuisinière lui tendait, elle se leva et prit congé rapidement. Berthe, le regard soucieux, la regarda partir. Elle ne regrettait pas ...
    ... d’avoir enfin dit à Élise le fond de sa pensée mais elle craignait que la jeune femme, dans l’état où elle était, ne commette une folie. --oOo-- Lorsqu’Élise arriva à la grande serre, Pierre aidait les jardiniers à déplacer deux citronniers chétifs dans l’enclos tropical. Lorsqu’il aperçut Élise, il la salua respectueusement et s’enquit des raisons de sa présence. — Je souhaiterais voir le comte quelques minutes, répondit-elle. Embarrassé, l’intendant répondit : — C’est-à-dire, Madame, que… je crains que ce ne soit pas possible. Monsieur est dans son bureau en train de travailler et il m’a dit qu’il ne voulait pas être dérangé.— Peux-tu quand même lui demander de m’accorder quelques instants ? J’ai une requête à lui soumettre et c’est très important.— Soit. Je vais voir s’il accède à votre désir. Et il se dirigea vers le bureau de son maître. Intérieurement, il était nerveux. De toute évidence, la comtesse avait reçu le portrait et, à voir son air, elle ne venait pas pour un échange de civilités. Pierre fut tenté un instant de ne pas prévenir le comte de sa présence. Il craignait un nouvel éclat qui aurait de fâcheuses conséquences tant pour lui que pour Solange. Mais en même temps, s’il refusait de prévenir le comte, il n’aurait jamais la main de Solange et peut-être qu’il perdrait également son poste ? Anxieux, il heurta par trois fois la porte du bureau et attendit : — Que veux-tu, Pierre ? L’intendant ouvrit la porte et répondit : — Monsieur, je ne me serais pas permis de ...
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