1. Le choix de Brumaire


    Datte: 15/02/2018, Catégories: fh, extracon, pénétratio, fsodo, historique, humour, historiqu,

    ... une certaine époque où il convenait de l’être. Depuis, elle s’est convertie à une autre tendance politique, puisqu’elle vit avec moi.— Vous êtes vous-même un peu royaliste…— Je suis libertin, c’est vous-même qui l’avez dit, rappelez-vous. Et libertin n’a rien à voir avec royaliste ou révolutionnaire. Vous, vous avez quelque chose derrière la tête… Toujours assis, il rit grassement : — Ce n’est pas tout à fait l’emplacement de que j’ai de ce « quelque chose » !— Je crois comprendre… Ne serait-ce pas situé nettement plus bas. Je me trompe ?— Pas du tout, vous devinez juste. Quand on voit votre maîtresse, on ne peut s’empêcher de vous envier.— Le « on » vous inclut ? Il lève les yeux vers le plafond, pensif : — Ma femme est bien gentille, mais bon…— Êtes-vous en train de me demander de vous fournir une maîtresse ?— Comme vous y allez ! Une légère pause, je ne dis rien, laissant venir. Puis il reprend : — Bien que… Bon, je suppose que vous n’êtes pas partageur, ce qui est dommage, mais peut-être que Madame votre maîtresse a dans ses connaissances des amies qui lui ressembleraient un peu… Cyniquement, je lui demande : — Et votre femme, vous en faites quoi ? Un accident ? Vous semblez les aimer… Il s’exclame aussitôt : — Un accident à la mère de mes enfants ? Jamais ! Quelle idée osez-vous soulever là !— Alors, comment faites-vous pour gérer le fait d’avoir deux femmes dans votre vie ? Surtout dans une contrée où tout se sait très vite et dont la liberté de mœurs est très ...
    ... éloignée de celle de la capitale ? Il est perplexe, on dirait qu’il n’avait pas songé à ce point de détail. Pourtant, il existe bien des notables qui ont une légitime d’un côté et une illégitime de l’autre, voire des illégitimes en même temps. Mais ici, dans cette petite vallée, la notion de morale reste bien ancrée, et mon notable n’est pas du genre à se jeter à l’eau. Soudain, un peu affolée, Marie-Élisabeth fait alors son apparition dans la pièce : — Mon ami, que se passe-t-il ici ? Venant précipitamment vers elle et lui prenant les mains, je la rassure : — N’ayez crainte. Nous discutions de vous d’ailleurs.— De moi ? Avec ces hauts cris ?— Je vous explique : Monsieur Dartogny, ici présent, se récriait de ne point avoir de maîtresse telle que vous. Dartogny, qui s’est levé pour saluer ma maîtresse, bafouille lamentablement : — Ah m-mais… vous… je…— N’avez-vous point dit que, qu’à défaut de ma chère Elsie, vous eussiez aimé avoir une de ses amies comme compagne ?— Euh si… Comme ses jambes le trahissent, mon hôte s’assied à nouveau. Amusée, ma maîtresse se penche légèrement sur ce pauvre Dartogny en sueur : — Souhaitez-vous franchir le gué ? Oui, je pense avoir quelques bonnes amies dans mes relations.— Ah… euh… je… Puis brusquement, elle se redresse, me regardant : — Attendez… vous avez bien dit « à défaut » de ma chère Elsie ?— C’est bien ce que j’ai dit, et c’est bien ce que j’ai cru comprendre de Pierre, notre visiteur. Mon visiteur ne sait plus où se mettre. Égayée, elle se ...
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