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Le choix de Brumaire
Datte: 15/02/2018, Catégories: fh, extracon, pénétratio, fsodo, historique, humour, historiqu,
... moi de vous ? Perplexe, il se gratte la tête : — Ah oui… vu comme ça… Je préfère cent fois un libertin de votre espèce que ces deux assassins qui ne jurent que par l’éventration des prêtres et la pendaison des nobles. Sans parler de leurs manières infâmes…— Assassins, c’est vite dit, personne n’a été tué. Il s’emporte : — Il est question d’envoyer tous les prisonniers à Paris, en jugement, pour ne pas dire à la guillotine. J’ai même entendu parler de possibles fusillades pour faire plus rapide, et ici !— Ce ne sont que des rumeurs… Je tempère, mais j’ai dû calmer plus d’une fois ces deux envoyés, avec la justification évidente qu’ils n’avaient pas de papier officiel à me montrer, les accréditant du pouvoir de juger sur place. Peut-être qu’un jour, ces fameux papiers arriveront. Dartogny gronde : — Rumeurs ou pas, il faut agir !— Que proposez-vous ? Je suppose que vous n’êtes pas venu les mains vides…— J’aime les solutions simples et radicales : qu’ils disparaissent !— Qu’ils disparaissent au lointain ou sous terre ? Mon massif visiteur ricane : — Sous terre, ils ne risquent pas de revenir.— C’est certain, Citoyen Dartogny. Mais comment croyez-vous que Paris réagira ? Hébert surtout ?— Ils ne sont pas censés le savoir…— Je vous signale que ces deux commissaires envoient un rapport tous les trois jours, et qu’ils reçoivent des directives en retour. N’oubliez pas la petite troupe qui les entoure. De plus, vu comment ça se passe dans certaines villes, je pense qu’il est prudent ...
... de faire le dos rond, et d’attendre la bonne opportunité. Et que ça paraisse parfaitement naturel, si vous me comprenez à demi-mot… Après un rapide coup d’œil circulaire, il hoche la tête : — Je vous comprends.— Je m’en réjouis.— Au fait, quand vous parlez de certaines villes, vous faites allusion à ces… racontars ? Les mains derrière le dos, je m’approche lentement de mon visiteur, et je lui assène : — Dartogny, j’aurais préféré vous dire que ce ne sont que des racontars et en rire avec vous. Mais j’ai la preuve que tout ceci est vrai, tristement vrai, à Nantes comme à Lyon ! Et hélas, aussi ailleurs…— Vous… vous plaisantez !?— Ai-je l’air de plaisanter ? Abasourdi, il s’assied lourdement sur une chaise : — Donc c’est vrai, ces canonnades, ces bateaux qu’on coule ?— Et tout ce que vous ne savez pas. Comme sur toute la Vendée. Oui, nous pouvons occire ces commissaires, dans un accident, par exemple. Mais quid de leurs remplaçants, seront-ils meilleurs ou pires ?— Au moins, faire quelque chose pour Puissadin ! Ce type est infâme et il entraîne l’autre. Quant à la troupe, la plupart fermeront les yeux, ils aspirent à la tranquillité.— Je l’avais remarqué, la plupart ne bougeront pas. Pour l’instant, ne faites rien. De mon côté, je vais voir ce qui est possible.— Je savais que je pouvais compter sur vous. Puis soudain, il change totalement de ton et de conversation : — Votre maîtresse est délicieuse. J’ai cru comprendre qu’elle était un peu royaliste.— Disons qu’elle l’a été à ...