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Les bagues de Chloé
Datte: 26/02/2018, Catégories: fh, inconnu, collection, amour, volupté, revede, init,
... ses propres efforts. Et Chloé, attend que le « passager de nuit » daigne lui laisser un peu d’air pour pouvoir bouger. Si l’amant lui a autorisé une explosion de plaisir, lors d’un de ses assauts, Chloé, à peine débarrassé de son fardeau, aime aussi aller cueillir avec sa bouche le mélange de leurs sucs intimes. Par petits coups de langue, elle aspire, lèche et nettoie son amant. Souvent une raideur nouvelle lui fait espérer en un prolongement de leurs jeux pervers. Mais souvent aussi, l’excitation reste passagère et éphémère. Alors, avec désespoir, Chloé pense déjà à la bague qui ornera dès demain une de ses phalanges. La dernière bague de Chloé. Elle se l’était « promis, juré », lorsque ses doigts fins et longs ne pourraient plus accepter une seule bague, la dernière serait une alliance ! En ce matin de novembre gris et froid, Chloé contemple avec aigreur et mélancolie ses mains. Voilà. Elle est arrivée au bout de son défi. Plus aucune bague, si fine soit-elle ne peut venir orner la moindre parcelle d’une de ses premières phalanges. Non, il n’y a décidément plus de place. Seul, son annulaire gauche reste vierge d’anneau. Chloé demeure là, muette et abasourdie. Elle en a donc déjà accumulé autant, de ces simples bijoux, symboles de ses « passagers de nuit », au point que ses doigts ne peuvent même plus en supporter encore un, rien qu’un ! Elle reste là, atterrée. Elle n’a pas vu le temps passer, ni s’écouler. Oui, surprise, elle contemple ses mains, écarte ses doigts, les ...
... tend pour mieux contempler le désastre de sa vie qu’elle porte, là, devant ses yeux effarés, terrorisés. Maintenant elle se sait au bord de son gouffre personnel, à l’heure dramatique où elle va devoir abandonner ses rêves, ses fantasmes et ses idéaux. A-t-elle le choix ? Une petite voix intérieure lui assure avec ferveur qu’elle a toujours eu le choix ! Mais sa raison lui dicte aussi de se plier à son propre défi, lancé quelques mois plutôt, moment où elle s’était volontairement imposée une barrière à sa vie de femme libre. Elle souffre intérieurement de cette situation. Sa liberté, durement acquise au fil des ans, ses choix de partenaires, ses extases atteintes comme celles ratées, lui reviennent là, en une sarabande d’images échappées d’un mauvais film pornographique. Mauvais rushes en mi-teinte, rayés et passés en accéléré. Et en surimpression, s’intercalent les images en noir et blanc d’un homme aux tempes grisonnantes, à la figure de baroudeur, la mâchoire saillante et volontaire. Le regard clair, fixé sur son corps de femme. Les mains, douces qui la caressent longuement, jusqu’à l’assouvissement complet de son désir, et qui savent le faire naître et renaître encore. Puis elle entend, comme dans une vieille bande son grésillante, le souffle de l’homme dans son oreille qui ahane, tandis qu’il la pénètre, attendant son ultime extase avant d’exploser lui-même en elle et de rouler sur le côté en lui demandant de réanimer sa flamme pour éteindre l’ultime incendie de son corps ...