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Les bagues de Chloé
Datte: 26/02/2018, Catégories: fh, inconnu, collection, amour, volupté, revede, init,
... qui bat, vite, fort et résonne dans la cage thoracique. Elle voudrait que le temps s’arrête, ici, au milieu de cette foule. Que la seconde devienne minute, que la minute devienne heure et que l’heure soit éternité. Ils restent ainsi un long, un très long moment. Sans bouger. Sans parler. Elle, appuyée contre lui. Lui, la tenant par les bras, ses cheveux sous le nez, respirant à plein poumon son odeur. Et personne ne prend garde à eux, dans leur recoin, un peu loin de l’agitation frénétique qui ne cesse de faire aller et venir la foule du palais. Seul, un confrère ose venir les interrompre, car il a besoin d’un dossier que Chloé serre dans sa main. Tendant le dossier vers l’homme pressé, Chloé lève les yeux et rencontre le regard de son appui. — Excusez-moi, murmure-t-elle, je ne sais ce qui m’a pris. Et avec un geste d’une tendresse infinie, une large main aux doigts fins et noueux, monte vers son visage, s’empare d’une mèche échappée de son chignon, la recale délicatement derrière l’oreille. Avec un sourire calme et serein, la chaude voix rassurante lui répond : — Allons, un coup de fatigue et beaucoup de monde, un manque de sommeil et le stress du travail vous ferait vaciller des femmes moins fortes que vous !— Vous avez raison. Et sans que d’autres paroles soient utiles, les deux bouches se touchent. D’abord les lèvres s’effleurent, puis s’ouvrent. Les langues se cherchent, se trouvent, s’emmêlent. Le baiser échangé, les yeux fermés, les isolent du monde. Et comme deux ...
... amants qui se cherchaient, qui se retrouvent et pour qui plus rien n’existe, ils restent là, incrustés bouche dans bouche, échangeant salive et air. Les larges mains enveloppent les épaules de Chloé qui se laisse envahir par leur chaleur. Elle fond. Elle est émue. La tête lui tourne. Et le baiser se prolonge, encore et encore. Enfin, le temps a suspendu son vol. Chloé se laisse porter par lui. Une fois encore, alors que les deux amants sont intimement soudés, un confrère vient tapoter l’épaule de sa consœur et même s’il s’excuse platement pour le dérangement, en raclant sa gorge, c’est qu’il a réellement besoin de l’entretenir d’une affaire urgente. Chloé a du mal à revenir à la réalité. Il lui faut cligner plusieurs fois des yeux pour revenir dans les coursives du palais et bredouiller à son confrère qu’ils se téléphoneront demain, mais que là, elle est occupée. Et lui tournant le dos, elle voit dans le regard calme de l’homme qu’elle vient d’embrasser, une lueur de satisfaction qui l’incite à poursuivre son rêve. Ensemble, rapidement, ils dévalent les marches d’un grand escalier et se retrouvent à l’air libre, loin de l’agitation, des perturbateurs. Dans un mouvement élégant, Chloé a retiré sa robe d’avocate et récupéré au passage ses affaires. Ensemble, main dans la main, en se regardant et en riant comme deux adolescents en goguette, ils marchent, courent, s’arrêtent, se mangent des yeux, puis repartent, courent et s’arrêtent encore pour s’embrasser à pleine bouche, là, au ...