1. 55.5 Après le déluge (partie 2, Gruissan – Toulouse)


    Datte: 04/03/2018, Catégories: Entre-nous, Les hommes,

    ... tellement envie de le revoir. « Comment va Gabin ? ». Stéphane veut avoir de mes nouvelles. En quelques mots, je lui raconte les deux derniers mois de ma relation, depuis son départ, jusqu’au clash du 10 août, ce triste vendredi noir. « Ça va aller, Nico ? ». « C’est dur… ». « Je pourrais te dire que je sais combien tu souffres, mais je mentirais… chaque souffrance, comme chaque amour, est unique… ». « Je ne veux plus être amoureux de lui… ». « Ça ne se commande pas ça… tu ne peux pas décider de ne plus aimer, même quelqu’un qui t’a blessé… Mais crois-moi, même si aujourd’hui cela te semble impossible, un jour tu oublieras ta rage et ta tristesse, et la vie te semblera à nouveau belle et pleine de promesses… Tu dois regarder loin, au but que tu dois viser, celui d’être à nouveau heureux… chaque jour, fixe-toi des petites étapes, et veille à les atteindre… ce sont ces petits pas qui vont t’aider à avancer, sans te décourager devant l’énormité du chemin encore à parcourir pour atteindre ton objectif… Aujourd’hui, tu as peut-être envie de ne rien ressentir… de ne plus jamais rien ressentir… mais te forcer à ne rien ressentir, pour ne plus souffrir... quel gâchis ! Si tu oublies la souffrance, tu oublieras aussi la joie que tu as éprouvée auparavant… et si tu oublies cette joie, ton cœur s’asséchera et tu n’auras rien à offrir aux rencontres que l’avenir t’offrira… Lorsqu’on accepte de vivre sa vie, il faut l’accepter toute entière, et ne pas en retenir que ce qui est beau ou ...
    ... agréable. Ce qui est difficile, triste et dur fait aussi partie de la vie, les joies comme les peines : les unes sont indissociables des autres, elles sont même parfois les conséquences l’une de l’autre. On ne peut pas espérer l’amour sans avoir peur de souffrir et, surtout, sans accepter de souffrir. La vie est un tout, et il faut faire avec… ». J’ai pleuré au téléphone, j’ai pleuré après avoir raccroché ; mais pour la première fois, ce ne sont pas que des larmes de souffrance, mais des larmes provoquées par le soulagement d’entrevoir enfin une petite lueur d’espoir au fond du tunnel sans fin de ma détresse. Je suis tellement bouleversé par les mots de Stéphane que la nuit suivante je n’arrive pas à trouver le sommeil. Il est trois heures du mat, je viens enfin de me coucher, lorsque mon téléphone émet un petit son de réception de message ; réflexe pavlovien, et mon cœur est à nouveau prêt à casser ma poitrine : au fond de moi, j’espère toujours que ce sera un message de lui ; une fois de plus, ce n’est pas le cas. « Hey, tu bronzes, le veinard ? Mate pas trop les mâles sur la plage ! ». C’est un message de Julien, l’adorable jeune loup blond. Jeudi 23 août 2001, la veille du départ. C’est décidé, demain nous allons quitter Gruissan et rentrer à Toulouse. Ça va faire deux semaines que nous sommes partis : deux semaines depuis notre dispute, deux semaines que je ne l’ai pas vu. Deux semaines que j’attends un sms qui n’est jamais venu. Il m’a déjà oublié. Il est passé à autre ...
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