1. 55.5 Après le déluge (partie 2, Gruissan – Toulouse)


    Datte: 04/03/2018, Catégories: Entre-nous, Les hommes,

    ... chose : une nouvelle copine, une nouvelle vie. Je me demande s’il est toujours sur Toulouse ou s’il est déjà à Paris. Quoi qu’il en soit, il n’y a plus de place pour moi dans sa nouvelle vie. Alors, c’est peut-être que c’est lui qui a raison finalement : peut-être qu’il fallait tout casser, faire table rase du passé et repartir chacun vers son avenir propre. Oui, peut-être que finalement c’est mieux ainsi. Deux semaines, rien que deux semaines ; pourtant, j’ai l’impression que ça fait un siècle que j’ai quitté Toulouse, comme si j’avais été carrément sur une autre planète. L’idée de rentrer au bercail me parait bizarre. Et angoissante. Je réalise que je viens sans doute d’affronter la quinzaine la plus dure, la plus difficile, la plus éprouvante de ma vie : c’est aussi l’occasion de constater que, malgré tout, je suis toujours vivant ; mon bleu a pratiquement disparu de mon visage, ma migraine me laisse enfin du répit ; et mes larmes, aussi. Je suis conscient que si j’ai pu passer ce cap sans faire des conneries, c’est parce que j’ai eu la chance d’être très bien entouré : la chance d’avoir une maman adorable, une cousine fantastique, des potes formidables comme Stéphane ou Julien… ou encore Thibault, si jamais j’arrive à le « retrouver ». La chance d’être si bien écouté, compris, accepté, entouré, aimé. La présence de toutes ces personnes bienveillantes autour de moi me rend plus fort. Grâce à elles, je ne suis pas seul. C’est important, les amis : ce sont les seuls qui ...
    ... peuvent nous soutenir lorsque tout s’effondre autour de nous. C’est important d’être bien entouré. Sans mes amis, je ne sais pas où j’en serai aujourd’hui. Elodie a été vraiment géniale : grâce à sa présence bienveillante, je e suis senti pris en charge, accompagné, soutenu, secoué ; et même si, sur la fin, la présence de Philippe a un peu changé la donne, je ne peux pas me plaindre. Le fait de m’être retrouvé un peu plus seul, dans un deuxième temps, ça a été un mal pour un bien ; finalement, j’avais peut-être besoin d’être seul, pour me retrouver, pour entamer un travail de deuil qui ne peut être fait que par moi-même. Je repense à ce moment de faiblesse devant la falaise et je me trouve vraiment idiot. Combien de jeunes gays de 18 ans, découvrant leur sexualité, ont cette « chance » ? Combien de jeunes mettent fin à leurs jours, non pas parce qu’ils se sont faits largués, mais parce qu’ils sont harcelés, battus agressés dans la rue, rejetés, exclus par leur famille, au point que leur vie n’est en effet plus supportable, parce qu’ils ne peuvent compter sur personne ? Mettre fin à ses jours ce n’est pas la bonne solution, même si ça peut le sembler dans un moment de désarroi : rien ne vaut ce geste, même pas face au chagrin le plus insupportable ; quant aux cons qui s’emploient à rendre insupportable la vie d’autrui, jamais, jamais, jamais, ô grand jamais, ils ne doivent gagner. La fin d’un amour c’est un gâchis épouvantable ; mais il n’est pas plus grand gâchis que celui de ne ...
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