1. Jérém & Nico SAISON 1 Episode final


    Datte: 15/03/2018, Catégories: Entre-nous, Les hommes,

    ... convaincre de se voir pour discuter calmement ; il se dit que oui, demain il va trouver les mots pour sauver leur belle amitié ; que demain, il va retrouver son Jéjé. À cet instant précis, pour Thibault, tout comme pour moi, le lendemain semble encore plein de promesses. C’est reposant de se dire qu’il y aura toujours un demain pour faire ce que nous nous sentons pas le courage de faire aujourd’hui, pour trouver les mots que nous n’avons pas su prononcer plus tôt, pour nous reconcilier avec les personnes avec qui nous regrettons d’être fâchés : en somme, pour être en harmonie avec nous-mêmes ; pour être heureux, tout simplement. La nuit va bientôt se terminer et le vent d’Autan n’a rien perdu de sa vigueur ; il caresse ma peau, s’engouffre dans mes cheveux, essuie mes larmes ; il fait onduler les branches les arbres des allées, il balaie les feuilles que la sécheresse commence à faire tomber ; c’est encore lui qui qui fait osciller les câbles des lignes électriques, qui s’engouffre dans les places, les avenues, les rues de la ville rose, qui traverse les grilles du Boulingrin, que je contourne en rentrant chez moi, après avoir quitté l’appart de Martin au petit matin. Devant le Grand Rond, je ralentis le pas : je suis percuté par la violence du souvenir, ce tout premier souvenir de ma nouvelle vie, le souvenir d’un beau jour de mai, le souvenir de mon parcours, plein d’angoisses et d’inquiétudes, vers les « révisions », vers l’appart du garçon que j’aime depuis le tout ...
    ... premier jour du lycée. Je me souviens de cet après-midi ensoleillé ; ce jour-là, le vent d’Autan soufflait très fort dans les rues de la ville Rose. Puissant, insistant, caressant ma peau, s’engouffrant dans mes oreilles, me racontant le réveil d’un printemps qui se manifestait partout, dans les arbres des allées au feuillage triomphant, dans les massifs fleuris du Grand Rond. J’ai le net souvenir de la sensation de ce vent dans le dos, accompagnant mes pas, encourageant ma démarche, comme pour tenter de faire taire mon hésitation. Cette nuit encore, le vent d’Autan semble m’encourager à retrouver mon Jérém, dès demain. Oui, c’est reposant de se dire qu’il y aura toujours un demain pour faire ce que nous n’avons pas le courage de faire aujourd’hui… Je ne me lasse pas de cette caresse légère que le vent d’Autan pose sur moi ; c’est la même caresse qui glisse dans les moindres recoins de la ville, dans la place du Capitole, place Wilson, boulevard Carnot, rue de la Colombette, jusqu’à cette rue du centre-ville, là où une petite foule s’est amassée autour d’un gars à terre, inconscient, après que sa tête ait heurté violemment un mur en briques, lors d’une bagarre entre mecs bourrés… … la vérité c’est que nous ne savons rien de ce que demain nous réserve ; car, en une fraction de seconde, le temps d’un battement d’aile de papillon, la vie que nous connaissons peut se retourner, du tout au tout… Le vent d’Autan glisse sur mon visage, tout en glissant au même moment sur un t-shirt blanc, ...