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Portrait volé
Datte: 21/07/2021, Catégories: fh, hplusag, jeunes, forêt, campagne, amour, soubrette, jalousie, dispute, pénétratio, jeu, mélo, portrait, historique,
... quelques mois ?— Pour une raison toute simple, ma chère Comtesse : vous étiez sa femme ; il vous avait eue pour lui entièrement et même lorsqu’il vous fut enlevé, je savais d’avance que vous ne seriez jamais à moi. Votre portrait était donc la seule consolation dont je disposais face à vos rebuffades. Et cette miniature est toujours mon soutien le plus nécessaire lorsque le vague à l’âme me saisit et que l’insomnie, la tristesse et le dégoût dominent mes jours et mes nuits…— Allons, que me contez-vous là ! Vous savez fort bien vous divertir quand vous le désirez. Saisissant un coupe-papier posé sur son bureau, le comte le lissa du plat de la main en répondant : — Je ne glisse dans le stupre et la luxure que par nécessité d’oublier un moment que vous ne serez jamais mienne. Et j’aurais préféré parfois me perdre corps et âme dans la débauche pour pouvoir enfin me détacher de vous… Mais hélas, vous avez sur moi un tel empire que même le plaisir et l’ivresse dans d’autres bras ont aujourd’hui pour moi un goût amer… Il me faut donc partir. Changer d’air… Les affaires ici vont leur train et, excepté quelques dossiers complexes, Pierre de Giscours, mon intendant, peut parfaitement me remplacer. Et puisque voilà mon forfait découvert, je préfère vous rendre l’objet qui me vaut cet entretien. Je lui dois au moins de vous avoir vue quelques minutes en tête-à-tête et j’ai pu ainsi vous faire mes adieux. Avec tous mes regrets pour la peine que cette découverte a dû vous causer. Et ...
... reposant le coupe-papier pour saisir l’objet, il lui tendit la miniature. Élise s’en saisit mais la reposa aussitôt sur le bureau. François de Saillant fixa la jeune femme d’un air surpris. — Vous préférez la laisser ici ?— Ce portrait n’était pas à moi, mais à Vincent. Et à présent que vous me l’avez rendu et pour être juste, je me dois de faire ce que mon mari aurait fait à ma place.— À savoir ?— À savoir vous le rendre. Puisqu’il vous fut doux de l’avoir lorsque vous n’aviez plus goût à rien, je serais cruelle si aujourd’hui, alors que vous repartez sur vos terres très bientôt, je vous retirais pour toujours ce qui vous a aidé à vivre. Saillant sourit et d’un ton amer répliqua : — Ma chère, nous n’avons manifestement pas la même approche de la cruauté. Vous fûtes plus que cruelle lorsqu’il y a quelques mois, vous m’avez rejeté et insulté comme si j’étais indigne de vous aimer. Une fois de plus, Élise sentit le regard lourd de désir de François sur elle. Et frémissante, ne voulant pas le laisser la dépeindre de façon aussi impitoyable, elle protesta : — Vous n’avez rien compris… semble-t-il.— Si, je crois que si ! Vous préférez vous cloîtrer seule pour expier les quelques instants où je vous ai tenue dans mes bras et où vous avez répondu passionnément au désir que nous éprouvions l’un pour l’autre… Vous avez l’impression que vous devez cela à Vincent !— C’est faux !— Ah oui ? Vraiment ? Alors pourquoi rougissez-vous ? Pourquoi tremblez-vous dès que je vous fixe un peu trop ...