-
Portrait volé
Datte: 21/07/2021, Catégories: fh, hplusag, jeunes, forêt, campagne, amour, soubrette, jalousie, dispute, pénétratio, jeu, mélo, portrait, historique,
... intensément ? Pourquoi fuyez-vous mon regard et pourquoi êtes-vous encore ici ?— S’il ne faut que mon départ pour vous contenter… Et joignant le geste à la parole, Élise se leva et allait tourner les talons, mais le comte fut plus prompt et vint l’empêcher de partir. Il la força à se rasseoir et, tenant les accoudoirs du fauteuil à deux mains, il s’agenouilla devant elle et, la regardant avec toute la colère qu’il éprouvait, il s’exclama : — Non, Élise, ce serait trop facile de partir ainsi ! Moi aussi j’ai des questions à vous poser.— Et lesquelles ? interrogea la jeune femme en baissant les yeux.— Pourquoi avez-vous cédé à mes baisers en novembre dernier ? Puisque vous avez affirmé lors de notre dernier entretien que vous ne m’aimiez pas et que vous ne m’avez jamais aimé. Il doit bien y avoir une explication à ce soudain abandon.— Je…— Eh bien, parlez ! Puisque nous en sommes aux révélations et que je vous ai avoué clairement le vol que j’ai commis et pourquoi je l’ai tu si longtemps, il me semble qu’au moins, avant de disparaître, vous me devez la vérité sur ce baiser passionné que nous avons échangé. Alors dites-moi sincèrement : pourquoi me l’avez-vous donné ? Acculée à répondre, Élise murmura : — Vincent me manquait…— Et vous vouliez vous consoler de lui dans mes bras ?— J’avais besoin de votre amitié… et je ne pensais pas que…— Vous ne pensiez pas que vous blottir contre moi provoquerait en moi et en vous un tel désir d’étreinte ? Gênée par les termes, Élise reprit : — ...
... Je pensais que nous étions enfin devenus amis. Nous avions affronté tant d’orages, tant de difficultés : le duc de Gand, l’enquête pour retrouver Vincent, l’épidémie… je pensais…— Vous pensiez mal… Nous n’avons jamais été amis vous et moi. J’ai essayé de l’être pour vous plaire et pour tenir la promesse que j’avais faite à Vincent de vous protéger. Mais force fut de constater que je n’ai jamais pu vous considérer ni comme une amie, ni comme une jeune sœur. Et malgré tout ce qui nous sépare, votre jeunesse et la maturité où je suis, je n’ai jamais éprouvé pour vous que la tendresse la plus vive et la plus passionnée. Même après notre dispute, mon désir de vous était toujours intense et il l’est resté. Et vous l’avez compris puisque vous avez choisi de m’éviter par la suite et jusqu’à aujourd’hui. Pleine de confusion, Élise ne put que murmurer : — Je ne voulais pas vous blesser ; seulement… vous savez bien que je ne peux pas vous aimer ! Elle avait martelé les derniers mots avec véhémence et désespoir, de sorte que François enchaîna douloureusement : — Mais vous m’aimez tout de même… et c’est cela plus que la perte de Vincent qui vous ronge, n’est-ce pas ? Tout comme le désir et l’amour que j’ai de vous me tuent à petit feu… Élise, pourquoi ? Pourquoi nous faire subir une telle torture ? Pourquoi ? La jeune femme tressaillit et au bord des larmes répondit : — Vous ne comprenez donc pas qu’il me serait odieux de vous dire oui pour ensuite vous perdre ?— Que voulez-vous dire par ...