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44.2 Jérém. Stéphane. Thibault. Variations sur un même thème.
Datte: 05/12/2017, Catégories: Entre-nous, Les hommes,
... Certes, je n’ai aucun droit de le faire, au fond je ne sais même pas s’ils sont vraiment en train de le draguer, et surtout qui suis-je pour lui pour lui faire une quelconque morale ? Mais l’envie est pourtant bel et bien là… l’abribus n’est pas loin… ça me démange vraiment de descendre et de me pointer à sa terrasse pour voir sa réaction… je suis en train de chercher l’appoint de courage qui me manque pour me lancer dans mon projet, lorsque les événements tranchent pour moi une fois encore, coupant court à mon hésitation… le bus avance… c’est parti… mais pas pour longtemps… il n’avance que de quelques mètres et il s’arrête pile à hauteur de la terrasse… je ne suis qu’à quelques mètres du beau brun et à un moment j’ai l’impression de le voir tourner légèrement la tête vers le bus… et le pire c’est que j’ai même l’impression que son regard accuse comme un soubresaut… je me demande s’il a pu me capter… non, pas ça, pitié… instinctivement, je recule mon torse et je me cale derrière le montant du bus… le cœur qui tape à mille à l’heure, ça va de soi… Un instant plus tard le bus repart, avance de quelque mètres pour s’arrêter à l’abribus… et ce n’est que lorsqu’il repart, après un arrêt qui me parait interminable, que je me sens enfin soulagé… évidemment, le courage pour descendre à l’abribus et d’aller faire un esclandre silencieux en terrasse s’est évaporé au contact de la puissance à peine effleurée du regard et de la présence du beau brun… mon cœur fait des bonds tellement ...
... puissants dans ma poitrine que j’ai l’impression de le voir apparaître par intermittence et en relief, comme dans un dessin animé… Le bus avance et mon cœur n’en finit plus de taper dans ma poitrine… je suis assis mais je sens que rien que le fait d’avoir eu si peur de me faire gauler, j’ai du mal à respirer, j’en ai les jambes en coton… ce sont des jambes en coton qui, je le sens, ne vont plus le quitter jusqu’au lendemain soir… ça y est, je viens tout juste de l’apercevoir, sans me retrouver en sa présence… je n’ai pas entendu sa voix, ni senti son parfum, ni vraiment croisé son regard ou son sourire… et je suis déjà dans cet état là… J’appréhende la soirée du lendemain… mes derniers messages à Stéphane sont restés sans réponse… je me sens seul, abandonné à moi-même… j’ai besoin de lui, j’ai besoin « qu’on me tienne la main » pour ne pas faire de bêtises… plus le temps passe, plus la soirée du bac approche, et moins je me sens assuré sur mes jambes… où est-elle passée ma force, ma résolution, ma détermination, le vent de mutinerie, mon esprit « rebel heart » de dimanche soir ? Est-il tout simplement disparu pour laisser place à cette angoisse, à cette faiblesse retrouvée ? De plus, voilà que, depuis la veille, le vent d’autan souffle sans discontinuer… et maintenant je sais que lorsqu’il se lève et qu’il souffle si puissant, c’est qu’il veut m’annoncer des choses… des choses puissantes, qu’elles soient bonnes ou mauvaises… Et toujours les mêmes questions qui tournent en rond ...