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Just a gigolo...
Datte: 15/02/2018, Catégories: f, fh, fplusag, prost, volupté, ecriv_f,
... l’argent n’est pas essentiel. Il agit même comme un déculpabilisant : mes clientes ont droit à ce qu’elles souhaitent, puisqu’elles l’achètent. Sans rémunération, elles n’oseraient jamais exprimer leurs désirs. Je suis sûr que vous me comprenez.— Mais… Vous pouvez refuser certaines demandes?— Oui, c’est toujours possible, mais il faut vraiment des cas extrêmes. La plupart du temps, je rencontre des femmes charmantes et parfois, comme ce soir, une femme vraiment désirable qu’on aurait aimé accoster dans la rue… Là, il marquait un point et, dans mon entreprise de séduction, je ne savais plus très bien qui était en train de séduire l’autre. Il ne faut pas me dire des choses pareilles, je pique un fard et je fonds littéralement sur place. — Vraiment?— Oui… Vous ne me croyez pas sincère? Franchement je trouve que vous avez une élégance, un raffinement dans votre tenue, dans vos gestes, qui en ferait craquer plus d’un. Je n’arrivais pas à démêler le vrai du faux, l’authentique du commercial. Mais à vrai dire je m’en moquais, tout ce que je savais c’est que c’était bien agréable à entendre. La conversation se poursuivit sur un ton anodin. Pas une fois il ne fit allusion aux motivations qui m’avaient amenée à le contacter, pas une fois il ne me demanda ce que je pouvais attendre de lui. La fameuse première demi-heure était passée à une vitesse folle, et je ne pouvais m’empêcher de penser qu’à présent, le compteur devait tourner. Il ne semblait pas pressé d’interrompre notre ...
... conversation, ni de savoir quelles suites je comptais donner à notre entrevue. Pour ma part, je prenais beaucoup de plaisir à sa compagnie. Je le trouvais intelligent, spirituel, charmant. Les choses ne pouvaient-elles pas en rester là, sur le plan de la bonne camaraderie, et notre conversation durer jusqu’au bout de la nuit? Il fallait que je me ressaisisse, que j’aille jusqu’au bout de mon expérience et, avant tout, que je le paye. Je pensais naïvement que ma dette acquittée, je me sentirais libérée, autorisée à toutes les initiatives. J’espérais que la somme donnée me dispenserait d’avoir à répondre aux questions qu’il ne m’avait pas posées. Avec empressement, je sortis la fatidique enveloppe et la posai discrètement sur la table. Il n’eut aucune réaction, si ce n’est ce sourire charmeur qui flottait en permanence sur ses lèvres. J’étais frustrée. Voilà le grand cas qu’il faisait de ma rétribution! Loin de me dispenser de quoi que ce soit, j’étais de nouveau à l’épreuve. Pour toute réponse, il prit, sans rien dire, mes mains dans les siennes. Ce geste m’émut jusqu’au fond des tripes. Une nouvelle complicité venait de se nouer. Je ressentais ce contact corporel avec une intensité fabuleuse. Ses mains étaient douces, chaudes. Elles étaient humaines. Je réalisai à quel point ce contact représentait tout ce qu’obscurément je recherchais. Comment avait-il pu savoir? Comment avait-il pu deviner? Son regard plongé dans le mien m’était insoutenable. D’une infinie bonté, sans la moindre ...