1. Just a gigolo...


    Datte: 15/02/2018, Catégories: f, fh, fplusag, prost, volupté, ecriv_f,

    ... froid, ma lucidité, mon orgueil. Il me fallait absolument reconstruire une image positive de moi. Non, je n’étais pas une dépravée qui allait se payer du plaisir. Uniquement une femme libre, bien dans son corps et dans sa tête, qui se donnait les moyens de vivre ses envies. Ce que j’allais faire n’avait rien de répréhensible. Au nom de quelle morale aurais-je dû me l’interdire? Cette aventure n’aurait pas de suite, elle comportait en elle-même son terme. Mon infidélité n’était que ponctuelle, elle ne remettait pas en cause l’amour que je vouais à mon mari… 18 heures! Ne pas arriver en avance… Trop de honte à le chercher sans le trouver. Lui laisser le temps d’être là… Je dépassai, sans oser y jeter un regard, notre lieu de rendez-vous. 18h06. Il était temps… La gorge serrée, je pénétrai dans le Harris Bar. Cela faisait un temps fou que je n’avais pas mis les pieds dans ce type d’établissement. La salle était majoritairement peuplée d’hommes seuls, visiblement désoeuvrés, en quête de rencontres. Je sentis peser sur moi leurs regards insistants et j’eus l’impression que tous savaient ce que je venais faire ici. Je me sentais doublement mal à l’aise. D’un regard circulaire je scrutai les différentes tables. J’aperçus la reliure rouge, vraiment reconnaissable, d’un album de Tintin. «L’affaire Tournesol»… Il n’y avait plus de doute. J’eus un pincement au coeur lorsque je levais les yeux sur son possesseur. Un homme jeune, beau, élégant, les cheveux bruns, les yeux clairs, ...
    ... attablé devant un verre. Il semblait perdu dans ses rêveries, l’oeil lointain. Mon cas s’aggravait soudainement : il était craquant, j’étais capable d’en tomber amoureuse… Je m’approchai un sourire artificiel aux lèvres. — Alexandre?— Virginie? Un large sourire illumina son visage. — Asseyez-vous… Je suis content que vous soyez venue… Beaucoup renoncent au dernier moment! Je pris place face à lui, intimidée comme une gamine à son premier rendez-vous. Il m’impressionnait! J’avais beau avoir l’avantage de l’âge et de l’expérience, j’éprouvais des émotions d’adolescentes, émotions oubliées qui renaissaient, me glaçant le ventre. — Qu’est-ce que vous prendrez?— Perrier citron… A n’en pas douter c’était un habitué des lieux, vue la vitesse à laquelle le garçon répondit à sa demande. — Vous êtes mariée?… Vous avez été mariée?— Non, non, je suis mariée…— La majorité des demandes viennent de femmes qui ont été mariées, qui ont divorcé ou qui ont été abandonnées… C’est triste… Il y a aussi beaucoup de femmes d’affaire qui vivent indépendantes et qui n’ont pas le temps d’avoir de vie sentimentale.— Vous faites ce métier depuis longtemps? Il éclata de rire, soulignant la stupidité de ma question. — Ce n’est pas mon métier! Je travaille dans l’administration! Disons… Une passion.— Une passion?— Je suis définitivement amoureux des femmes, de toutes sortes de femmes et mon plus grand plaisir est de leur apporter un peu de bonheur.— Oui, mais vous ne faites pas ça gratuitement…— Croyez-moi, ...
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