1. Angel' seven. II. Kim (1)


    Datte: 04/03/2018, Catégories: Divers,

    ... marques de haute couture, qui avaient été en contact avec son corps quelques heures durant et moulé ses contours, les plus riches étaient prêts à sortir leur carnet de chèque ou leur carte American Nostress. Quant aux sous-vêtements, certains messieurs fortunés mais aux fantasmes inavouables, rêvaient et salivaient déjà de les avoir entre leurs mains, de les porter à leurs narines (même s’ils portaient plus le parfum de la lessive qu’une de ses eaux de toilette de grand nom, et encore moins les effluves intimes), et masquaient leurs envies coupables sous une onction de générosité : ils allaient acquérir l’objet non pour se masturber avec mais pour faire une bonne action, l’argent irait à une bonne œuvre et profiterait à des démunis. Kim n’assista pas à la vente aux enchères, le cœur déchiré par le départ prochain dans des foyers inconnus de sa chère collection, mais légèrement attendrie, néanmoins, par le fait que ses pièces rares - qui avaient contribué à sa gloire, le temps d’une soirée, d’une après-midi au soleil - allaient s’envoler pour soulager un peu la misère. (Elle n’avait, bien entendu, qu’une idée très abstraite de la misère, ne l’ayant jamais côtoyée, n’imaginant pas un instant comment pouvait être l’intérieur d’un foyer pauvre, et encore moins la vie des pauvres ; tout juste avait-elle, à de très rares occasions, entraperçu une ombre à l’embouchure d’une impasse, à travers la vitre de sa limousine, alors qu’elle circulait au ralenti et par pur hasard, dans un ...
    ... faubourg de la ville, ce qu’on appelle communément un « sans abri ».) La vente fut un succès et permit de récolter au total près de 500 000 dollars. Elle en eut l’œil tout humide d’émotion. Elle ne s’était, il est vrai, séparé que des sous-vêtements et des robes qu’elle aimait le moins. Mais quand même. C’était un peu une partie d’elle-même et de son intimité qu’elle avait vendue. Elle avait souvent pensé aux garçons qui devaient immanquablement se polir la colonne sur ses photos et ses vidéos. Elle allait voir régulièrement les commentaires de ses admirateurs sur tous les sites internet en réponse à ces images postées, et lire certains de leurs commentaires, crus, salaces, souvent vulgaires, l’excitait parfois au point de mouiller son petit string. Elle pensait à ces messieurs anonymes et chics qui allaient palper cette soie précieuse qui s’était quasiment insinuée entre ses lèvres intimes. Tous ces hommes... Certains, peut-être, allaient s’enfermer dans leur chambre luxueuse et se masturber en touchant et reniflant ce fin tissu, en l’enroulant même, qui sait, autour de leur membre raide. Elle contemplait ensuite, avec satisfaction, la tache de cyprine sur son petit triangle de tissu, et se disait : « Ah celle-ci, combien donneraient-ils pour l’avoir entre leurs doigts, le humer... ? » Elle s’imaginait tous ces mâles se battre furieusement pour se l’arracher. Elle était une idole, une icône, une déesse, et une foule de garçons et de filles était à ses pieds, langue sortie, ...