1. Angel'seven. I. Angela. (1)


    Datte: 14/03/2018, Catégories: Divers,

    Les personnages et les situations de l’histoire qui va suivre ainsi que des épisodes suivants sont purement fictifs. Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence. °°° Angela avait rapidement gravi les marches du pouvoir. A trente-cinq ans elle s’était laissé porter par le vent de liberté qui avait soufflé sur son pays, fait tomber les murs, et elle avait adhéré au parti, avant d’en devenir rapidement une responsable régionale ; à peine un an après, elle avait été nommée ministre. Durant les douze ans qui suivirent, son parti connut une alternance de succès et de revers, mais elle resta à la barre, sans être touchée par le scandale qui éclaboussa son ancien chef. Arrivée à l’âge de la maturité, elle se dit qu’elle finirait par occuper le poste suprême. A cinquante ans c’était une petite femme blonde, aux cheveux courts, dont le corps avait pris de l’ampleur, surtout au niveau des hanches et de la poitrine. Son regard calme et doux n’en était pas moins dénué de fermeté, voire d’autorité quand elle distribuait ordres et consignes à ses subordonnés. Allait-elle devenir la première femme chef de gouvernement de son pays ? Outre la fierté qu’elle en retirerait, ce serait la consécration, et la récompense pour les efforts fournis sans compter depuis toutes ces années. Mais ce soir-là, alors qu’elle sortait d’une réunion qui s’était finie tard, et qu’elle avait décidé de rentrer à pied pour prendre l’air, le cœur ...
    ... n’y était pas. Elle marchait dans les rues désertes et froides de la capitale et ressentait comme une grande solitude, dans sa petite robe bleue. Ses talons claquaient sur le ciment sinistre, lui renvoyant l’écho de ses pas, et qui, pour une fois, lui semblaient irréguliers, comme mal assurés. Certains de son parti ne partageaient pas ses idées sur la politique internationale et la politique énergétique, et elle était en proie au doute : comment, dans ces conditions, alors qu’elle ressentait une défiance dans cette petite assemblée, la plébisciteraient-ils comme chef du gouvernement, si son parti remportait les élections ? Elle se dit que si sa carrière n’allait pas plus loin, elle aurait peut-être gâché nombre de ses années où elle avait sans doute négligé son mari (second mari), sa vie de femme. Oh, bien-sûr, elle n’était pas portée sur « la chose ». Avec l’éducation protestante qu’elle avait reçue, la répression des mœurs qu’elle avait connue dans ses plus tendres années quand son pays était encore sous le joug de la dictature, son esprit n’était pas tourné vers la bagatelle, ni vers des escapades romantiques sous des cieux plus ensoleillés (d’ailleurs, elle ne prenait que très peu de vacances, quelques jours par an, et jamais bien loin.) Le moteur qui la faisait avancer, se lever le matin, courir d’un meeting à l’autre, haranguer ses militants, leur asséner ses idées politiques et économiques, donner des interviews, c’était sa foi, sa conviction qu’elle connaissait la route ...
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