1. Angel'seven. I. Angela. (1)


    Datte: 14/03/2018, Catégories: Divers,

    ... autres, à son émotion qui venait de la prendre, joie, plaisir, surprise. Des collègues la félicitaient, l’encourageaient à les rejoindre. Et elle entendit sa voix, calme et si distincte qu’on aurait dit qu’il lui parlait à l’oreille : « - Je vous avais bien dit que je pouvais réaliser de grandes choses. » Elle leva les yeux, regarda dans la direction où elle l’avait aperçu. Il était toujours là-bas, à au moins cinq mètres d’elle. Par quelle étrangeté acoustique avait-elle pu l’entendre lui parler si distinctement à cette distance, et dans ce brouhaha ?! Ses yeux se déplacèrent vers un homme qui s’était levé au premier rang et lui tendait la main pour la féliciter. Elle lui rendit la politesse. Quand ses yeux se redirigèrent immédiatement sur l’endroit où l’homme en noir se tenait une seconde avant et lui souriait, il avait disparu. Elle échangea quelques paroles avec tous ceux qui se pressaient au-devant d’elle. Leurs encouragements, leur approbation faisait plaisir à voir et à entendre. Mais elle gardait l’esprit occupé par la présence de cet homme étrange, qui venait de disparaître mystérieusement. Elle fit le tour de la salle, lentement, passant de l’un à l’autre, le cherchant discrètement dans le même temps. Elle s’éclipsa en s’excusant, sortit dans le couloir, alla jusqu’à la porte du bâtiment, chercha même dans les sanitaires hommes, et mêmes femmes, déserts. Il s’était évaporé ! La réunion enfin terminée, euphorique mais fatiguée, elle reprit sa voiture et se dirigea ...
    ... vers sa maison, située dans une banlieue cossue. Alors qu’elle était encore à dix bonnes minutes de chez elle, soudain, elle sursauta : l’homme en noir lui souriait dans le rétroviseur. Il était assis à l’arrière ! « - Alors » lui dit-il, « ça vous a plu ? — Qu’est-ce qui m’a plu ? » répondit-elle un peu brutalement « - Eh bien, mon coup de pouce… ? » rétorqua-t-il avec un sourire satisfait « - Comment ça ? » s’insurgea-t-elle. « Mon discours et mes arguments ont fait un tabac. Parce que je suis sûre de moi, sûre d’avoir raison ; je les mène dans la bonne direction et ils l’ont compris ! — Soit. Et vous croyez qu’ils l’ont compris comment ? Par l’opération du Saint-Esprit ? Hier ils en étaient presque à vous conspuer, et aujourd’hui ils vous acclament… — Ils sont enfin devenus lucides, je les ai convaincus, c’est tout. — C’est tout. Comme c’est simple. Je vais vous en dire la vraie raison : c’est moi qui ai fait ça. — Ecoutez » dit-elle sur un ton d’énervement qui sentait un peu l’anxiété, « je ne sais pas qui vous êtes ni comment vous faites ça, comment vous apparaissez et disparaissez d’un moment à l’autre, vous êtes peut-être un Houdini, mais mon succès en politique c’est à moi que je le dois, à moi seul, je suis brillante, c’est tout ! — Ah c’est ça ? Vous croyez ça ? Vous croyez donc que je n’ai eu aucune influence sur l’écho dithyrambique que votre discours a eu aujourd’hui, ni sur l’aisance que vous aviez à trouver vos mots, la parole juste, la phrase percutante qui ...