1. Annabelle


    Datte: 20/03/2018, Catégories: fh, jeunes, init, pénétratio, amour, grosseins, intermast,

    ... demande une intention trop explicite. Elle acceptait avec cette retenue qui m’imposait toujours. Et nous regardions ensuite bêtement un film, assis sur le canapé. Quand elle me quittait, je vitupérais d’avoir été un si parfait nigaud. Car même si j’étais content d’avoir eu sa présence auprès de moi, d’avoir senti son parfum, deviné ses seins hauts, d’avoir rêvé promener mes mains sous ses vêtements, mon imagination en délire exigeait plus de témérité, une audace de matamore. La présence physique d’Annabelle me paralysait toute et je sentais mon trouble quand j’étais avec elle. Il était impossible aussi qu’elle n’eut pas remarqué certaine déformation qui me raidissait. Annabelle savait bien tout ce qu’elle m’inspirait. Cela se sentait dans ses regards, ses gestes, le comportement qu’elle avait avec moi. Dans mes moments de lucidité, je savais qu’elle en profitait, non seulement par ma manière d’être avec elle, - j’étais comme son petit toutou, - mais aussi et plus encore par les menus services que je lui rendais. Certes, ils n’étaient rien pris isolément mais dans leur accumulation, mes bons offices ressemblaient dans nos rapports à autre chose qu’à de l’amitié. C’était bien plus, du dévouement. En même temps, il m’était impossible de lui faire part de mes sentiments par une déclaration trop ouverte et dont je sentais déjà tout le ridicule. Il fallait que je ne fus plus moi-même pour oser sortir de mes gonds, et quand elle était chez moi, de me jeter sur elle et palper ...
    ... enfin cette chair, la presser contre la mienne. Tant bien que mal, je me contentais de ce substitut que je pratiquais, de façon outrée, plusieurs fois par jour ; en général, tout juste quand elle me quittait. Tout frais encore de sa présence, la mémoire vive de ses paroles, de la couleur de ses vêtements, de sa poitrine extraordinaire qui touchait de si près la mienne, surtout rempli de son odeur, mon désir exaspéré atteignait alors une limite dangereuse, une angoisse presque insurmontable et que je devais réfréner immédiatement. C’est ainsi que pendant longtemps, j’usais et j’abusais de ce moyen pour calmer l’ardeur grandissante qu’elle avait fait naître en moi, de manière trop déraisonnable. Je ne me serais jamais permis un geste déplacé, cependant tout mon être tendait effrontément vers elle, vers la volupté qu’elle dégageait et qui m’aurais été, je le sentais, une source intarissable de plaisir, si elle eut accepté d’y condescendre. En pensée, j’avais outrepassé toutes les bornes; mais la réalité était tout autre. Dans l’usage même de ce palliatif, peu à peu, je me rendais compte que mon état empirait; et la sourde angoisse de ne jamais pouvoir me satisfaire dans les règles me rendit encore plus timide devant Annabelle. Plus cela me travaillait et moins j’agissais. On était alors en mars. On se connaissait depuis plus de six mois et je voyais notre amitié s’installer sur un pied durable et menaçant. Par dessus tout, je craignais que dans cet intervalle elle ne se fasse un ...
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