1. Mister Hyde - 11


    Datte: 15/05/2019, Catégories: Entre-nous, Hétéro

    11- « Fais un peu de ménage et rentre chez toi. Nous nous verrons ce week-end. » Le message était lapidaire, Frédérique en fut sonnée pour le compte. Elle claqua la porte avant les douze coups de midi. Sur la route, elle fit une pause pour répondre à un texto qui lui enjoignait de se parer du « bijou » posé sur la table. Elle se contenta de taper : « Trop tard. » De toute façon, elle n’avait vu aucun bijou sur aucune table. Déviant de son chemin, elle passa récupérer Franck. Elle ne pouvait imaginer de rester seule les deux jours suivants, l’enfant lui manquait et trop de souvenirs risquaient de l’envahir si elle ne trouvait pas à s’occuper. Elle s’épuisa de promenades et décida, après en avoir accidentellement retrouvé les panneaux, d’assembler une table basse qui ferait à la fois office de bar et d’échiquier. Elle avait abandonné ce projet quand elle avait rencontré Frédéric, qu’il serve à ne pas penser à lui n’était que justice… l’emboitage et le collage achevés, elle s’attela à la sculpture des pièces. Pour cela, elle se servit des planchettes d’un vieux jeu de Kapla. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas utilisé ses mains et encore plus longtemps qu’elle n’avait pas employé le canif de son père. Il n’avait pas eu le temps de lui apprendre à s’en servir, pourtant, il le lui avait donné, quelques jours avant sa mort et elle l’avait toujours conservé comme un trésor. Elle s’étonna de la facilité avec laquelle elle retrouva les gestes. Les pions s’accumulèrent  rapidement. La réalisation des pièces majeures fut nettement plus longue et demanda toute son attention. C’était le remède idéal. Elle termina la seconde reine vers vingt-deux heures le vendredi soir. Frédéric n’avait donné aucun signe de vie, elle se coucha et s’endormit presque aussitôt d’un sommeil sans rêve. *** Un effleurement chatouilleux, la sensation d’un baiser… Frédérique se retourna en grognant, Frédéric sourit. Il était arrivé par le dernier train. Seul passager à descendre, il n’avait pas trouvé de taxi et avait donc rejoint le domicile de Frédérique à pieds. La nuit était chaude, il s’engouffra dans la salle de bains dont il sortit vingt minutes plus tard, frais et détendu mais, pas assez discrètement semblait-il : Franck s’était réveillé. Il s’approcha du berceau tout doucement, pour ne pas effrayer son fils. Il le prit dans ses bras, les prémices de cris cessèrent aussitôt, tout comme le sentiment de manque qu’il ressentait. Tendrement, il berça Franck tout en fredonnant une berceuse. L’enfant s’endormit dans ses bras mais il ne le reposa pas, il lui raconta sa semaine, à voix basse, pour ne pas déclencher le talkie qui renvoyait le moindre son aux oreilles de Frédérique. Enfin, il coucha Franck. Le petit poussa un grognement de déplaisir très vite réfréné par l’apposition d’une main câline qui ramena la couverture sur les épaules du bambin. Il s’éloigna à pas de loup, certain, désormais, que Morphée tiendrait compagnie à son fils jusqu’au bout de la nuit. Assis sur le ...
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