1. Audrey


    Datte: 10/10/2019, Catégories: fh, Collègues / Travail amour, coupfoudr, amiamour,

    Voilà six mois que les tornades sont arrivées et le mot est loin d’être faible. Le bureau d’études en architecture dans lequel je travaille était calme, trop calme, avant que les demoiselles n’arrivent ce lundi 16 juillet 2007. Le patron ayant eu une recrudescence de commandes, il décida d’embaucher en urgence deux collaboratrices supplémentaires : Audrey et Gwenaëlle. Les deux jeunes femmes ne se connaissaient pas avant de faire partie de l’équipe, mais au bout d’une semaine elles étaient inséparables, il faut dire qu’au milieu d’une douzaine de gars ce n’est pas évident de se faire une place. J’ai eu le même souci lorsque je suis arrivé, dur d’être à l’aise avec une majorité de cinquantenaires tristounets, ancrés à leur fauteuil et bougonnant derrière leurs écrans sur cette saloperie d’informatique. Elles rajeunissent le bureau avec leurs vingt-huit années chacune. La grande pièce où l’on se trouve tous, sauf le patron et sa femme secrétaire qui se partagent 3 bureaux, se retrouve tout à coup plongée dans une ambiance très animée. En quelques semaines elles ont imposé leur style, leur joie de vivre, là où avec mon collègue Paul, nous avons échoué un an auparavant. Le patron est magnanime, car elles travaillent très bien et il est rare de trouver deux personnes aussi sérieuses. Travail en musique, posters colorés, blagues de potache, rires, chants, tout y passe sans que jamais elles ne s’arrêtent. Légèrement plus âgés qu’elles, Paul à trente-quatre ans et moi trente-deux, ...
    ... nous nous sommes ralliés à elles pour former le Club des Jeunes comme nous appellent les "autres", les vieux rabat-joie. En leur présence j’ai vraiment l’impression de retourner durant mes années d’étudiant, où les salles de cours étaient notre terrain de jeu. Le lundi 15 octobre, C’est le grand n’importe quoi, elles chantent les tubes de Mika à tue-tête, car le lendemain elles descendent sur Montpellier pour aller le voir en concert. Elles sont hystériques, des cris, des fous rires, le rendement de la journée frôle le néant. Je me dis qu’est-ce que ça va être demain, avec Paul nous ne pouvons même pas entrer dans leur jeu, elles sont infernales. Le patron viendra bien timidement une paire de fois pour les stopper, mais à part les calmer une demi-minute, il n’y a rien à faire. En haussant les épaules, il retourne s’enfermer dans le bureau et on ne le verra plus de la journée. Le grand jour, Audrey est la première arrivée, elle s’installe et attend impatiemment sa copine. Au bout d’une demi-heure, son téléphone sonne, elle répond mais au bout de quelques minutes c’est la déconfiture. La brune ne sourit plus ; dépitée, elle vient nous voir, s’assoit sur un siège et nous raconte sa déception : pas de fête ce soir, Gwen ne viendra pas au concert elle est clouée au lit à cause d’une bonne vieille gastro. Tant bien que mal nous essayons de la réconforter, mais pas grand-chose à faire. Elle va se mettre devant son ordinateur et jusqu’au milieu de l’après-midi personne n’entend le son ...
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