1. La vie...


    Datte: 07/12/2017, Catégories: nonéro,

    ... pourvu qu’ils prennent confiance dans l’avenir … qu’ils sentent que les adultes sont adultes et qu’ils peuvent s’appuyer sur eux et non le contraire …— … T’as raison.— Et puis, faut pas croire qu’y’a que le travail de la maison dans la vie au foyer… Sors, va voir des expos, cultive-toi … entre dans une association … participe à la vie sociale … rends-toi utile pour les autres et tu verras aussi que les autres commenceront à se rendre utiles pour toi … Je reste étonné par cette discussion. Je découvre enfin mon père, avec un regard neuf, surpris et surprenant. Cet homme que je pense connaître, surtout comme un besogneux, un bougon, rendu un peu amer par son travail, est en fait rempli d’Amour, de bon sens et qu’il peut donner de bons conseils. J’en reste épaté. Mais cette discussion, j’aurais tant aimé l’avoir avant, bien avant. — Pourquoi tu me dis tout ça, seulement aujourd’hui ? Mon père se décolle, ou me décolle un peu de lui. Il me regarde longuement droit dans les yeux, puis baisse son regard. — Je ne suis pas toujours très fier de moi. Aujourd’hui, je m’aperçois que j’ai plein de manques à combler, alors, j’ai profité de ta détresse, de ton chagrin pour faire ce pas vers toi que j’aurais du faire il y a tellement de temps. C’est plus fort que moi. Je ne peux pas te voir rester comme ça, abattu, sur le bord du chemin sans rien faire. J’ai pas de solution pour ton travail, pour t’en donner un, alors, il faut regarder le bon côté des choses – il y a toujours un bon côté ...
    ... aux choses – et je veux t’aider à avancer, à te reconstruire.— Me reconstruire ?— Oui. Te reconstruire. La vie laborieuse ne se passe systématiquement derrière un guichet, dans un bureau ou un atelier. C’est aussi une vie qui peut se dérouler en grande partie à la maison.— Okay ! Mais je sais pas faire la cuisine, je sais pas repasser, ni coudre ni …— Oh ! Ce n’est pas grave ! D’abord, tout ça, ça s’apprend ! … J’ne sais pas, mais tu pourrais … t’inscrire dans des cours de cuisine, de repassage, de couture …— … !— Y a pas de honte à apprendre les tâches ménagères ! Et d’abord, si t’étais célibataire, tu ferais comment ? Hein !— Oui, mais je suis marié !— Et alors, ta femme travaille ? Prends sa place ! Montre-lui que toi aussi t’es capable d’assumer la maison à sa place, inversez le schéma traditionnel.— Mais …— Oui, je sais, tes copains, vos copains ne vont pas comprendre, certains te trouveront ridicule … Et alors … Ou bien tu leur expliques et ils comprendront, certains t’admireront ou bien ce ne sont pas des copains … Je restais médusé et dubitatif. Mon père, sur sa lancé, enchaîne : — Et puis, à côté de ton travail au foyer, inscris-toi dans des associations, va visiter des jeunes malades, ils attendent des visites d’hommes, pas que des bonnes femmes…— Comment tu sais ça, toi ?— Ben, c’est ce que je fais trois fois par semaine, au lieu d’aller au bistrot, taper le carton, je vais à l’hôpital des Enfants malades et j’y passe de longues après-midi à jouer, lire, rigoler, ...