1. Circonstances atténuantes


    Datte: 12/03/2018, Catégories: fh, extracon, extraoffre, pénétratio, fsodo,

    Ce matin encore, j’ai contemplé ma femme avec tristesse. Encore couché dans son lit, les draps tirés bien haut, les yeux toujours clos. J’ai pensé : décidément, ça ne peut plus continuer comme ça ! Depuis bientôt deux mois, elle est comme prostrée, indifférente à tout. L’œil éteint, l’air absent, amaigrie, elle s’est comme coupée du monde, et de nous. Je veux dire, notre délicieuse fillette, et moi-même. Maintenant tout repose sur moi. Je lui propose un petit déjeuner, mais c’est en vain ! Son silence est éloquent. Malgré tout, je dépose sur la table de chevet, quelques madeleines. Peut être que lorsque nous serons partis, elle y goûtera. Ça sera toujours ça de pris. Je me fais tellement de mauvais sang ! J’ai continué alors à préparer notre fille pour son départ à l’école. Comme tous les matins, maintenant, c’est moi qui m’occupe d’elle : lever, toilette, petit déjeuner, puis une fois habillée, départ pour l’école. Heureusement que j’ai pu déléguer mes pouvoirs et que ma petite entreprise tourne malgré tout toujours sans moi ! C’est un souci de moins. J’y fais un saut de temps en temps c’est suffisant. Mais là, je l’observe et je prends soudainement très peur. Le pourtour de ses yeux est sombre, son teint jauni, elle a énormément maigri. Fini son somptueux corps à la Maillol. Le comble c’est que du coup elle a atteint la ligne qu’elle désirait tant. Combien de temps encore va-t-elle tenir comme ça ? Combien de temps peut-on vivre sans presque manger ? Elle est en train ...
    ... de mourir ! Une phrase de son médecin me revient. Je l’avais mis dans la confidence. Il m’annonçait : — Elle se meurt d’amour, elle s’éteint à petit feu…— Eh bien qu’elle crève ! Femme adultère, femme perverse, m’étais-je écrié au grand dam du toubib. A ce moment-là, la trahison était encore fraîche. J’avais toujours à l’esprit l’horrible vision. Mon cœur était rempli de haine. Le choc avait été si rude. Si proche ce jour de malheur où tout mon univers heureux s’était écroulé. Où mon amour, ma confiance, avaient été trahis. C’est fou, il suffit d’un accident banal pour que toute une existence s’écroule. Cette fois c’était un sinistre craquement qui s’était produit alors que nous étions au bureau. La chaussée devant notre immeuble s’était effondrée. Cela avait crée un grand chambardement dans la rue : police, employés du gaz, pompiers. Ces derniers avaient ordonné l’évacuation sur un grand périmètre autour de l’accident. Et moi en bon mari, alors que je disposais alors de tout mon après-midi, pour traîner comme l’avaient décidé certains de mes collaborateurs, j’ai préféré faire l’agréable surprise à mon épouse de rentrer plus tôt. Funeste idée ! Dans mon désir de la surprendre agréablement, j’étais renté chez nous sans faire le moindre bruit. Je pensais lui faire un claironnant « coucou !», l’imaginant alors heureuse de mon arrivée, me sautant au cou de bonheur… Je croyais notre couple si solide, si complice. Quel désenchantement alors ! Aujourd’hui j’ai encore, présente, ...
«1234...7»